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La traite des êtres
humains est l'activité la plus lucrative du crime transnational
organisé. Cette traite représente sept milliards de
dollars US, une somme bien supérieure aux ventes d'armements
et de drogue. Les victimes de la traite sont exploitées sexuellement,
contraintes à faire du travail forcé ou servile, à
se marier ou à se soumettre à l'ablation d'organes.
On estime que 700 000 femmes et jeunes filles sont victimes de la
traite chaque année ;
dans les Etats membres de l'UE, un demi million de femmes sont victimes
de la traite chaque année.
La coopération
internationale entre l'appareil judiciaire et la police doit être
renforcée afin de lutter contre le crime organisé.
Parallèlement, on doit faire des efforts pour améliorer
la situation économique des femmes dans leur pays d'origine.
Si les femmes sont économiquement indépendantes, elles
ne sont plus des proies faciles pour les trafiquants. Une meilleure
coopération politique et économique doit être
mise en place avec les pays touchés. Le soutien et l'aide
des victimes de la traite dans les pays destinataires doivent être
accélérés en appliquant la directive européenne
qui entrera en vigueur le 6 août 2006.
L'Internationale socialiste
des Femmes, donc
demande aux organisations
internationales de commencer à coopérer avec les ONG
afin de rédiger des plans d'action internationaux qui serviront
de guide à une législation ayant force d'obligation
et à une action internationale, et qui prendront en compte
le plan d'action du conseil de l'Union européenne nouvellement
adopté et qui devrait être aujourd'hui en application
;
demande aux gouvernements
et aux organisations internationales de mettre à disposition
les fonds nécessaires à la mise en oeuvre de tels
plans d'action ;
demande à
toutes ses organisations membres de commencer à coopérer
avec d'autres ONG et autorités gouvernementales afin de rédiger
un Plan d'Action National qui servira de guide pour une législation
ayant force d'obligation et pour une action institutionnalisée
;
souligne la nécessité
que les gouvernements respectifs nomment un coordinateur national,
qui sera responsable du développement et de l'application
du Plan d'Action National. Les mesures législatives nécessaires
doivent être prises afin de fournir au coordinateur un ample
soutien logistique et politique des ministères concernés;
exige qu'un rapporteur
national soit nommé qui ait le droit légal de rassembler
et d'évaluer des données et informations sur la traite
des êtres humains. Tous les faits, données et autres
informations pertinentes seront rassemblés et présentés
au parlement. Ceci permettra de passer des mesures de réaction
à des mesures proactives ;
exhorte les gouvernements
à accorder aux femmes victimes de la traite une période
de stabilisation de 30 jours durant laquelle elles ne seront pas
forcées à témoigner et devront être informées
par les autorités de leurs droits ainsi qu'être couvertes
par la sécurité sociale;
souligne qu'à
la fin de la période de stabilisation les femmes qui sont
prêtes à coopérer avec les autorités
doivent recevoir un droit de résidence et un permis de travail
;
note que des mesures
doivent être prises pour protéger les témoins
et les victimes qui sont impliqués dans des procédures
juridiques et durant les procès. Le nom de la victime ne
doit pas être communiqué à l'accusé ou
à son avocat ; l'adresse et la localisation des locaux de
protection des témoins ne doivent pas être mentionnées
durant les procédures. La victime doit être informée
de la possibilité d'être questionnée séparément
;
souligne qu'en
droit pénal la notion d'aide et de complicité à
la traite doit être étendue et doit être désignée
comme un délit punissable ;
demande que les
clients des victimes qui exploitent sciemment et intentionnellement
la situation d'une femme victime d'une traite soient condamnés
à faire du travail caritatif - mais jamais dans des institutions
de soutien aux victimes - ou à une amende, qui doit être
versée à ces institutions ;
demande que des
personnes spécialement formées soient présentes
durant les interrogatoires judiciaires et de police. A cette fin,
la formation des juges, du parquet et de la police doit être
améliorée. En outre, des interprètes spécialement
formés doivent être disponibles ;
souligne que
la dimension de la lutte contre la traite des êtres humains
et leur exploitation sexuelle exige une attention et une considération
plus poussées. On doit offrir un soutien aux personnes qui
souhaitent volontairement rentrer dans leur pays d'origine et s'y
réintégrer, comme en est le souhait de 80 % des victimes.
Ceci doit être fait en coopération avec les ONG ou
les autorités locales ;
demande aux gouvernements
de signer et de ratifier le protocole des Nations unies visant à
prévenir, réprimer et punir la traite des personnes,
notamment des femmes et des enfants (Protocole de Palerme), qui
complète la Convention des Nations unies contre le crime
transnational organisé et la Convention du Conseil de l'Europe
sur la lutte contre la traite des êtres humains.
En conclusion, l'Internationale
socialiste des Femmes demande que des mesures politiques pertinentes
au delà de l'appareil judiciaire soient prises pour mettre
fin à la violence et à la traite des êtres humains
tout en soutenant l'indépendance économique des femmes.
Une campagne largement médiatisée contre la traite
des femmes, au niveau national et européen, s'avère
donc urgente.
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