|
La Ligue nationale
pour la démocratie (National League for Democracy, NLD),
de Birmanie, dirigée par Aung San Suu Kyi, avait remporté,
avec une écrasante majorité, les élections
législatives pluripartites, tenues librement et loyalement
en mai 1990, avec 80% des voix, obténant plus de 80% des
députés. Toutefois, le Conseil d'Etat pour le rétablissement
de l'ordre (State Law and Order Restoration Council, SLORC) refuse
toujours de passer les pouvoirs aux vainqueurs légitimes
auxquels le peuple birman a donné mandat, et se prépare
à de nouvelles élections qui sont tout aussi inacceptables.
Les femmes birmanes
ont joué un rôle actif dans la vie politique depuis
le début du siècle, dans le mouvement nationaliste
et dans le soulèvement de 1988; elles exigent la démocratie.
Des étudiantes portaient des drapeaux au premier rang des
manifestations, bravant ouvertement les baïonettes et les
coups de feu des armes automatiques. Un grand nombre d'entre elles
ont été tuées et des centaines arrêtées
depuis. D'autres femmes luttant pour la démocratie ont
été arrêtées depuis, certaines ont
été relâchées, mais d'autres sont toujours
en prison. La torture et les mauvais traitements sont monnaie
courante en Birmanie. Amnesty International a déclaré
Ma Thida, médecin et écrivain, et San San Nwe, également
écrivain et membre du comité central de la NLD,
prisonnières politiques.
Des sévices
sexuels et l'esclavage sexuel sont couramment pratiqués
par des soldats et des commandants du SLORC. Ces violations et
ces injustices sont très répandues dans les zones
contrôlées par les troupes du SLORC. Les femmes de
ces zones, quels que soient leur âge et leur situation de
famille, sont fréquemment convoquées par des commandants
du SLORC pour être 'interrogées' et sont violées
sous la menace d'un revolver. Leurs maris, voire leurs enfants,
sont parfois forcés de regarder. Ces viols non seulement
sont commis contre les femmes, mais sont aussi utilisés
pour intimider les maris, les familles et la population.
Entre 400 000 et 500
000 personnes seraient séropositives en Birmanie. Quelque
50 000 femmes et enfants birmans ont été forçés
à se prostituer en Thaïlande. Les jeunes victimes
de cette prostitution sont vendues pour 560 dollars américains
chacune. Les polices birmane et thaïlandaise sont fortement
impliquées dans ce trafic.
Plus de 100 000 réfugiés
birmans ont fui en Thaïlande, près de la frontière
avec la Birmanie, pour échapper aux combats entre les rebelles
armés et les soldats du SLORC et pour éviter d'être
obligés de soutenir la cause du SLORC. Les femmes sont
au moins la moitié de ces réfugiés dont la
vie dans les zones frontalières est pleine d'épreuves.
Un million environ
de Birmans, dont plus de la moitié sont des femmes, ont
été contraints à quitter leur habitation,
conformément au programme de déménagements
forçés du SLORC, en raison des offensives militaires
ou de la construction de routes, de lignes de chemin de fer, d'hôtels
ou d'autres infrastructures. Ils n'ont reçu aucune indemnité
et il ne leur a été proposé aucun autre site
convenable pour construire de nouveaux logements.
L'ISF demande
au régime SLORC d'entamer un dialogue substantiel et constructif
avec les forces démocratiques dirigées par Aung
San Suu Kyi et avec les représentants des minorités
ethniques. L'ISF exhorte fermement la junte militaire à
transmettre le pouvoir à la NLD, les vainqueurs légitimes
des élections de mai 1990.
L'ISF exhorte
le SLORC à libérer immédiatement et sans
conditions tous les prisonniers politiques dont le seul "crime"
a été d'exercer de façon restreinte la liberté
d'expression, d'association et de réunion.
L'ISF condamne
fermement les viols de femmes birmanes commis couramment par des
soldats du SLORC ainsi que l'utilisation cynique que le SLORC
fait du viol comme instrument de sa campagne de soumission et
d'oppression de la population civile; ceux-ci constituent une
violation flagrante des droits de la personne humaine.
L'ISF demande
aux Nations unies, aux gouvernements et aux organisations humanitaires
de faire ce qui est en leur pouvior pour empêcher le trafic
des femmes birmanes en Thaïlande.
L'ISF demande
au SLORC de cesser de recourir à des pratiques faisant
fuir les gens dans des pays voisins et exige que les réfugiés
des zones frontalières soient aidés.
L'ISF exhorte
le SLORC à mettre un terme à sa politique de déménagements
forçés et à fournir une assistance à
ceux qui souffrent des conséquences de cette politique.
L'ISF décide
d'envoyer une nouvelle mission en Birmanie afin de rechercher
des moyens concrets d'aider les femmes birmanes et de contribuer
à trouver des solutions aux problèmes qu'elles connaissent.
L'ISF exhorte
l'ANSEA et les autres Etats à suspendre leurs relations
commerciales avec le régime jusqu'à ce que la démocratie
soit rétablie en Birmanie.
|