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Au cours des dix dernières
années, la participation politique des femmes en Amérique
latine et aux Caraïbes a lentement augmenté. Environ
15% des femmes disposent du pouvoir exécutif et 13 -14 %
du pouvoir législatif et 11 pays ont une loi sur les quotas.
Au niveau local 5% des municipalités sont dirigées
par des femmes. On peut se réjouir de ces avancées
mais elles ne sont pas suffisantes: en Amérique latine et
aux Caraïbes, on ne veut pas que ces succès minimes
servent de modèle car ce sont les conditions réelles
de participation politique et sociale à égalité
qui sont vraiment importantes.
Les femmes latino-américaines
ont beaucoup contribué à la construction de la démocratie,
surtout en période de guerre et durant la lutte contre les
dictatures, mais d'une façon générale, cette
participation n'a pas permis aux femmes d'obtenir des postes de
pouvoir. Dans ce contexte, le Chili attire l'attention du monde
entier sur le fait d'avoir un "Président - Femme",
Michelle Bachelet, et un gouvernement paritaire en ce qui concerne
les ministères, les sous-secrétariats, et la direction
de services dans tout le pays. Il s'agit en outre d'une femme socialiste,
membre de la famille de l'Internationale Socialiste. Mais l'Internationale
socialiste des Femmes (ISF) veut que l'exception devienne la règle
et qu'il y ait des gouvernements paritaires dans toute la région
car la participation de plus de femmes au parlement, aux instances
municipales et aux partis politiques reste, malgré tout,
à être accomplie au Chili et dans de nombreux pays.
Pour que la distribution
équitable des postes de pouvoir devienne naturelle, il faut
recourir à des actions affirmatives, comme le système
des quotas. C'est une question de principe démocratique :
la représentation présente des carences, et il est
donc urgent d'introduire des mécanismes pour les corriger.
Parallèlement,
l'avancée vers des sociétés plus démocratiques
et plus justes, nécessite la transformation des structures
sociales, économiques et politiques. A cet effet, il faut
des outils concrets pour obtenir l'égalité des chances
là où les conditions de départ ne sont pas
les mêmes. Pour cela, des politiques publiques promouvant
activement les femmes sont nécessaires afin de permettre
une impulsion et une insertion convenable dans le monde du travail
et dans les cadres sociaux et politiques dans des conditions équitables
sans harassement sexuel ni discrimination. Ces politiques publiques
doivent prendre en compte le genre et pas seulement celui des femmes.
Ces dernières n'accèderont pas à l'égalité
réelle uniquement à l'aide de politiques spécifiques.
Ces politiques publiques doivent s'inscrire dans le cadre de modèles
de développement durable, inclusifs, équitables et
prenant en compte une perspective de genre.
Afin de parvenir au
modèle de gouvernabilité souhaitée, nous avons
besoin d'institutions démocratiques stables et de bonnes
relations entre le gouvernement et la société. Une
société intégrée au sein de laquelle
les femmes jouent un rôle actif devrait accélérer
ce processus.
L'Internationale socialiste
des Femmes, donc:
soutient la proposition
de la présidente Michelle Bachelet de constituer 'une Alliance
Paritaire Latino-américaine', permettant aux femmes d'atteindre
leurs objectifs égalitaires, dans le but, en définitive,
de rendre la région plus accueillante pour toutes ses femmes
et pour tous ses hommes ;
apprécie
l'engagement de la présidente dans sa lutte contre la violence
à l'égard des femmes, pour la promotion des droits
sexuels et procréatifs chez les jeunes, contre l'écart
des salaires entre les hommes et les femmes et pour l'entrée
plus importante et facile des femmes sur le marché du travail.
De plus l'Internationale
socialiste des Femmes lance un appel aux gouvernements de la région,
et spécialement à ceux qui sont dirigés par
des partis membres de l'Internationale Socialiste, pour :
signer et ratifier
le plus vite possible le Protocole Facultatif de la Convention pour
l'Elimination de toutes les formes de discrimination à l'égard
des femmes (CEDAW), ainsi que tous les traités, conventions
et accords internationaux et régionaux ;
faire valoir les
droits des femmes au travail, dans la famille, à l'accès
aux biens publics, à la santé, à l'éducation,
au logement et participer ainsi à l'élimination de
la violence à l'égard des femmes ;
adopter des mesures
destinées à assurer la représentation des femmes
à tous les niveaux des structures du gouvernement et des
partis politiques ;
garantir pleinement
l'application des droits sexuels et procréatifs à
toutes les étapes de la vie des femmes. Sur ce point, l'ISF
déplore la probihition récente de l'avortement pour
raisons médicales au Nicaragua car elle considère
cet acte comme un pas en arrière dans l'avancée des
droits des femmes et demande donc un changement de position immédiat
;
promouvoir des
politiques publiques pour les femmes migrantes conçues sur
la base d'un esprit internationale et solidaire qui permettent leur
reconnaissance comme personnes avec des droits économiques,
politiques et culturelles ;
promouvoir, dans
le cadre de réformes électorales, des actions affirmatives
visant à garantir la représentation équilibrée
des hommes et des femmes à la prise de décision, aussi
bien dans les institutions que dans les partis politiques. Cette
représentation est vitale pour développer une gouvernabilité
démocratique.
Finalement, l'égalité
des chances n'est pas uniquement la responsabilité des femmes,
mais aussi celle des sociétés démocratiques
et des partis politiques sensibles aux changements culturels ayant
à cÏur d'atteindre la justice sociale, l'équité
et la solidarité et pour objectif d'améliorer la qualité
de nos démocraties et de rendre plus efficace notre développement
économique et social.
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